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Droit des successions

Rapport successoral

Le rapport successoral est l'obligation pour un héritier de réintégrer dans la masse de la succession les donations reçues du défunt de son vivant.

Rapport des libéralités Avance de part successorale Rapport à la succession Avance sur hoirie

Définition et explication

En droit belge, le rapport successoral est un mécanisme légal destiné à préserver l’égalité stricte entre les héritiers, généralement les enfants du défunt. Lors de l’ouverture de la succession, tout héritier qui a reçu une libéralité (comme une donation ou un don manuel) de la part du défunt de son vivant est tenu d’en « rapporter » la valeur à la masse successorale.

La loi part du principe qu’une donation faite à un enfant constitue, sauf indication contraire, une simple avance sur sa part d’héritage. Le Livre 4 du Code civil encadre précisément cette opération. Si le donateur souhaitait avantager un héritier au détriment des autres, il devait expressément stipuler que la donation était assortie d’une dispense de rapport. Dans ce cas, la donation s’impute sur la quotité disponible de la succession.

Depuis la réforme du droit des successions, le rapport s’effectue systématiquement en valeur et non plus en nature. Cela signifie que vous ne devez pas restituer le bien physique à la succession. La valeur de la donation est simplement déduite de votre part lors des opérations de liquidation-partage menées par le notaire ou, en cas de désaccord, par le tribunal de la famille.

Quand le rapport successoral s'applique-t-il ?

  • Vous participez à la succession en qualité d’héritier (le plus souvent en tant que descendant).
  • Vous avez bénéficié d’une donation (immobilière, don bancaire ou manuel) de la part du défunt.
  • Le défunt n’a pas rédigé de clause de dispense de rapport dans l’acte de donation ou le pacte successoral.
  • La masse successorale doit être reconstituée de manière fictive pour calculer la part exacte de chaque héritier.

Exemple concret lors d'un héritage familial

Une mère décède en laissant deux enfants, Marc et Sophie. Les avoirs bancaires à son décès s’élèvent à 100.000 euros. De son vivant, elle avait donné 50.000 euros à Marc pour l’aider à acheter sa maison, sans préciser de dispense de rapport.

À retenir

Au moment du partage par le notaire, Marc est soumis au rapport successoral de ces 50.000 euros. La masse totale à partager s’élève donc à 150.000 euros (100.000 euros présents + 50.000 euros rapportés). Chaque enfant a droit à la moitié de cette masse, soit 75.000 euros.

Puisque Marc a déjà perçu son avance de 50.000 euros, il ne touchera que 25.000 euros sur les avoirs bancaires restants. Sophie recevra les 75.000 euros restants. L’égalité financière entre le frère et la sœur est ainsi totalement respectée.

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Questions fréquentes

Depuis septembre 2018, la loi impose que le rapport s'effectue toujours en valeur. Vous conservez le bien donné, mais son montant est déduit de votre part d'héritage.

Oui, si le défunt a stipulé formellement que la donation était faite avec dispense de rapport. Le bien sera alors considéré comme un avantage définitif, dans la limite de la réserve héréditaire.

Sauf convention contraire stipulée dans le contrat de mariage ou par testament, le conjoint survivant n'est en principe pas soumis à l'obligation de rapport.

Pour les donations de sommes d'argent, on prend le montant donné, indexé sur l'inflation jusqu'au jour du décès. Pour un bien immobilier, on retient sa valeur au moment de la donation, indexée également.

Oui. Si un petit-enfant vient à la succession par représentation de son parent prédécédé, il a l'obligation de rapporter à la succession tout ce que son parent avait reçu du défunt.

Si l'avance excède ce à quoi vous avez droit dans la succession, vous devrez rembourser la différence en versant une somme d'argent, appelée soulte, aux autres héritiers.

Non, les présents d'usage (cadeaux d'anniversaire, mariage, fêtes) échappent au rapport, à condition qu'ils soient proportionnés aux moyens financiers du donateur au moment où ils ont été offerts.

Si les héritiers ne s'entendent pas sur l'existence ou le montant d'un rapport, le litige est tranché par le tribunal de la famille lors d'une procédure de liquidation-partage judiciaire.

Sources

  • Livre 4 du Code civil (articles 4.94 à 4.114 relatifs au rapport des libéralités et des dettes) ; Code judiciaire (pour la procédure de partage judiciaire).

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