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Procédure civile ou pénale

Mandat d’arrêt

Ordre écrit délivré par un juge d'instruction ordonnant la privation de liberté et la détention préventive d'un suspect.

Titre de privation de liberté Ordonnance d'incarcération Détention préventive

Définition et explication

En droit pénal belge, le mandat d’arrêt est une ordonnance judiciaire stricte qui prive un individu de sa liberté avant tout jugement sur le fond. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la détention préventive et demeure l’exception, la liberté étant la règle fondamentale.

Seul un juge d’instruction a la compétence de décerner un tel mandat. Vous devez savoir que cette décision ne peut être prise que si de sérieuses présomptions de culpabilité pèsent sur le suspect et que l’infraction est punissable d’un emprisonnement d’un an au moins.

La délivrance de cet acte s’accompagne de garanties procédurales très strictes. Le suspect doit obligatoirement être entendu par le juge d’instruction dans un délai maximum de 48 heures après le début de sa privation de liberté par la police. À l’issue de cet interrogatoire, le juge décide de libérer la personne (sous conditions ou non) ou de la placer sous mandat d’arrêt et de l’envoyer en prison.

Quand un juge délivre-t-il un mandat d'arrêt ?

  • Indices sérieux de culpabilité : Des éléments concrets et objectifs relient le suspect à l’infraction.
  • Seuil de la peine : L’infraction présumée est punissable par la loi d’au moins un an d’emprisonnement.
  • Sécurité publique : La mesure est absolument justifiée pour protéger la société.
  • Risques spécifiques : Si la peine maximale prévue est inférieure à 15 ans, le juge doit motiver sa décision en démontrant un risque de fuite, un risque de collusion avec des tiers ou un danger de destruction de preuves.

Exemple d'une mise sous mandat lors d'une enquête

Vous êtes le dirigeant d’une entreprise et la justice vous soupçonne de fraudes financières et de blanchiment de capitaux. La police fédérale procède à votre arrestation à votre domicile à 6h00 du matin. Vous êtes privé de liberté et emmené pour audition. Le procureur du Roi demande la saisine d’un juge d’instruction, car il craint que vous ne détruisiez des documents comptables informatiques ou que vous quittiez le territoire.

À retenir

Dans les 48 heures suivant votre interpellation, le juge d’instruction vous interroge en présence de votre avocat. Estimant le risque de destruction de preuves avéré, le juge vous signifie un mandat d’arrêt. Vous êtes alors transféré en maison d’arrêt. Toutefois, cette mesure n’est pas définitive. Vous comparaîtrez dans un délai de cinq jours devant la chambre du conseil, qui décidera de maintenir votre détention préventive, de vous libérer sous conditions, ou de vous placer sous surveillance électronique.

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Questions fréquentes

Seul un juge d'instruction, magistrat indépendant, possède l'autorité légale pour ordonner un mandat d'arrêt en Belgique. Ni la police ni le procureur du Roi ne peuvent prendre cette décision de privation prolongée de liberté.

La police peut procéder à une arrestation administrative ou judiciaire temporaire qui ne peut excéder 48 heures. Au-delà de ce délai strict, seul un mandat d'arrêt délivré par le juge justifie le maintien en détention de la personne.

Le mandat d'arrêt initial est valable pour une très courte durée. Le suspect incarcéré doit comparaître devant la chambre du conseil dans les 5 jours suivant la délivrance du mandat. C'est cette juridiction qui décidera de la prolongation (ou non) de la détention préventive pour une durée d'un mois.

Oui, vous avez le droit constitutionnel d'être assisté par un avocat lors de votre audition par la police et lors de votre interrogatoire par le juge d'instruction, conformément à la loi Salduz.

Vous ne pouvez pas faire appel directement du mandat d'arrêt initial du juge. En revanche, vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance de la chambre du conseil (qui confirme la détention) devant la chambre des mises en accusation, dans un délai de 24 heures.

Absolument. Le juge d'instruction peut privilégier une libération sous conditions (comme l'interdiction de contact, la remise du passeport ou le versement d'une caution) ou ordonner une détention sous bracelet électronique au lieu de l'incarcération en cellule.

Non, la loi exige que les faits reprochés soient punissables d'une peine d'emprisonnement d'au moins un an. Un simple délit mineur ou une contravention ne permet pas de décerner un mandat d'arrêt.

Non, les mineurs relèvent de la compétence exclusive du juge de la jeunesse. Ils ne font pas l'objet d'un mandat d'arrêt classique, mais peuvent être soumis à des mesures de placement dans des institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ).

Sources

  • Loi du 20 juillet 1990 relative à la détention préventive ; Code d'instruction criminelle belge.

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