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Droit des obligations et des contrats

Pacte de préférence

Contrat par lequel une personne s'engage à proposer en priorité la conclusion d'une affaire à un bénéficiaire désigné, au cas où elle déciderait de contracter.

Droit de priorité Droit de premier refus Clause de préférence

Définition et explication

Le pacte de préférence est un avant-contrat reconnu et encadré par le Livre 5 du Code civil belge (article 5.25). Il s’agit d’un accord par lequel une partie (le promettant) s’engage envers une autre (le bénéficiaire) à lui accorder la priorité pour conclure un contrat spécifique, le plus souvent une vente immobilière ou une cession d’actions.

La caractéristique principale de ce pacte est qu’il ne force pas le propriétaire à vendre. La décision de conclure l’affaire reste entièrement libre. En revanche, si le propriétaire décide de s’engager, il a l’obligation stricte de proposer le bien en premier au bénéficiaire, aux mêmes conditions de prix et de modalités que celles envisagées avec un tiers.

Si ce droit de priorité est bafoué, vous disposez de moyens de défense solides. Si le tiers acquéreur était de bonne foi, vous pouvez réclamer des dommages et intérêts au promettant. Toutefois, si le tiers avait connaissance de l’existence du pacte (mauvaise foi), la loi vous autorise à demander au juge l’annulation du contrat fautif ou la substitution : vous prenez alors la place du tiers dans la transaction pour acquérir le bien.

Quand le pacte de préférence s'applique-t-il ?

  • Vente immobilière : Un propriétaire signe un accord pour proposer l’achat de sa maison en priorité à son locataire actuel.
  • Droit des sociétés : Une clause dans les statuts prévoit que les actionnaires doivent proposer leurs parts aux autres associés avant de les céder à une personne externe.
  • Transmission familiale : Des parents s’engagent à vendre un terrain à un de leurs enfants en priorité s’ils décident de s’en séparer.
  • Bail commercial : Le locataire obtient la priorité d’achat sur les murs de son commerce si le bailleur décide de les vendre.

Exemple concret de violation d'un pacte de préférence

Marc est propriétaire d’un terrain agricole. Il signe un pacte de préférence avec son voisin, Luc, qui souhaite agrandir son exploitation. Le contrat stipule que si Marc vend le terrain, Luc aura la priorité pour l’acheter au prix du marché. Cinq ans plus tard, Marc reçoit une offre très alléchante d’un promoteur immobilier, Monsieur Peeters, qui lui propose 200.000 euros. Sans en informer Luc, Marc signe un compromis de vente avec Monsieur Peeters. Luc découvre la transaction avant la signature de l’acte authentique chez le notaire.

À retenir

Luc fait immédiatement intervenir son avocat. Puisque le pacte de préférence a été violé, deux scénarios se présentent. Si Monsieur Peeters ignorait tout de cet accord, Luc ne peut agir que contre Marc pour exiger des dommages et intérêts. En revanche, si Luc prouve que Monsieur Peeters connaissait l’existence du pacte de préférence, il peut saisir le tribunal de première instance pour annuler la vente. Le juge peut même ordonner la substitution, permettant à Luc d’acheter le terrain aux mêmes conditions (200.000 euros) à la place du promoteur immobilier.

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Questions fréquentes

<p>Dans une option d'achat (promesse unilatérale), le vendeur s'engage définitivement à vendre à un prix fixé, il ne manque plus que l'accord de l'acheteur. Dans le pacte de préférence, le vendeur ne s'engage pas à vendre, il promet uniquement de vous proposer le bien en premier s'il change d'avis.</p>

<p>Les parties fixent librement la durée. S'il est conclu pour une durée indéterminée, le Code civil permet à chaque partie d'y mettre fin moyennant un délai de préavis raisonnable.</p>

<p>Le promettant doit vous informer de son intention de vendre et des conditions de l'offre. Pour des raisons de preuve, cette notification se fait généralement par courrier recommandé ou par exploit d'un huissier de justice.</p>

<p>Le délai de réflexion est généralement précisé dans le pacte. En l'absence de clause spécifique, vous disposez d'un délai raisonnable pour analyser l'offre et exercer votre droit de priorité.</p>

<p>Si vous refusez l'offre ou si vous ne répondez pas dans les délais impartis, le propriétaire retrouve sa liberté. Il peut alors vendre le bien à un tiers, mais impérativement aux mêmes conditions (prix identique ou supérieur).</p>

<p>En principe, oui, sauf si le pacte a été conclu en considération de votre personne (intuitu personae) ou si une clause du contrat interdit expressément la transmission du droit aux héritiers.</p>

<p>Oui, un accord verbal est valable sur le plan juridique, mais il sera extrêmement difficile à prouver devant un juge. Un document écrit (acte sous seing privé ou acte authentique) est fortement recommandé.</p>

<p>Le tribunal de l'entreprise est compétent si le litige concerne des parts de société. Pour les affaires immobilières, vous devez vous adresser au tribunal de première instance. La justice de paix peut intervenir pour les litiges liés à un bail résidentiel inférieur à certains montants.</p>

Sources

  • Livre 5 du Code civil belge (Loi du 28 avril 2022, spécialement l'article 5.25 sur les pactes de préférence) ; Code judiciaire (compétences matérielles des tribunaux).

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