Prolongation de permis d’environnement : la participation du public ne peut plus être exclue
Par un arrêt du 24 septembre 2026, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) renforce les droits des riverains en Belgique. Une prolongation significative d'un permis d'environnement pour une activité ayant un impact significatif ne peut plus être décidée en excluant par principe toute participation du public.
- Juridiction
- Cour de justice de l'Union européenne (CJUE)
- Affaire
- C-151/25 (F.B. c. Région wallonne)
- Date de l'arrêt
- 24 septembre 2026
- Conséquence
- Une prolongation significative ne peut plus exclure par principe toute participation du public
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Article 6 de la Convention d'AarhusParticipation du public aux processus décisionnels en matière d'environnement
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Arrêt C-151/25 de la CJUEExclusion de toute participation du public jugée contraire à la Convention lors d'une prolongation de permis pour des activités à impact environnemental significatif
Le contexte : la prolongation d'un parc éolien en Wallonie
L'affaire qui a conduit à cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) trouve son origine en Belgique, plus précisément à Leuze-en-Hainaut. L'exploitation d'un parc éolien avait initialement fait l'objet d'un permis unique valable pour une durée de 20 ans, jusqu'en août 2029.
En 2020, les exploitants de ce parc ont obtenu une prolongation de 10 ans de leur permis, repoussant l'échéance à 2039. Cette décision s'est faite sans aucune enquête publique. La réglementation régionale en vigueur n'imposait pas la consultation des citoyens pour ce type de prolongation. Un riverain a alors introduit un recours au Conseil d'État pour faire annuler cette décision, en s'appuyant sur les droits garantis par la Convention d'Aarhus.
L'arrêt de la CJUE du 24 septembre 2026
Face à ce litige touchant au Droit administratif et fiscal, le Conseil d'État belge a interrogé la CJUE. La question portait sur l'obligation d'organiser une phase de participation du public lors de la prolongation d'une activité ayant un impact significatif sur l'environnement.
La juridiction européenne a tranché de manière claire. Selon son interprétation de l'article 6 de la Convention d'Aarhus, un régime juridique qui exclut systématiquement toute participation du public lors d'une prolongation significative (comme un ajout de 10 ans à une autorisation initiale de 20 ans) pour une activité ayant un impact significatif sur l'environnement n'est pas compatible avec le droit.
Les juges européens ont soulevé plusieurs raisons justifiant une nouvelle évaluation publique :
- les technologies évoluent au fil du temps
- les connaissances scientifiques progressent
- l'état de l'environnement local a pu changer depuis l'octroi initial du permis
- de nouvelles mesures pour réduire les impacts environnementaux peuvent être disponibles
Quel impact pour les riverains et les entreprises en Belgique ?
Cette décision fait jurisprudence et modifie la manière dont les autorités belges devront traiter les demandes de prolongation. Désormais, lorsqu'une autorisation arrive à échéance, il devient obligatoire de vérifier si l'activité nécessite une nouvelle consultation des riverains avant d'être poursuivie, adaptée ou arrêtée.
Pour les citoyens, cela renforce le droit d'être informé et entendu. Si vous faites face à un projet qui prolonge ses activités sans vous consulter, vous pouvez contester cette décision. Dans ce type de situation touchant à l'urbanisme ou environnement : faites valoir vos droits face à l'administration en exigeant la mise en place d'une enquête publique.
Pour les entreprises et les promoteurs immobiliers, cela signifie qu'une simple demande administrative ne suffira plus pour étendre la durée d'un permis d'environnement concernant des activités ayant un impact significatif sur l'environnement. Il faudra anticiper les délais liés à une enquête publique et répondre aux éventuelles observations des riverains. Les petits projets ne relevant pas de l'article 6 de la Convention d'Aarhus ne sont, en revanche, pas concernés par cette obligation.
Ce qu'il faut retenir
Arrêt CJUE C-151/25
La prolongation d'un permis d'environnement pour une activité à fort impact ne peut pas exclure par principe la participation du public.
Convention d'Aarhus
Les principes de participation du public s'appliquent aussi lors des prolongations, pas seulement à la délivrance initiale.
Évolution des normes
La Cour justifie cette décision par l'évolution des technologies et de l'environnement au fil du temps.
Impact belge
Les législations régionales devront s'adapter pour garantir la consultation des riverains pour les projets concernés.
Cet arrêt de la CJUE rétablit un équilibre nécessaire entre le développement de projets industriels ou énergétiques et le droit à l'information des citoyens. En refusant que la prolongation d'un permis d'environnement pour une activité à impact significatif échappe par principe à toute participation du public, la Cour rappelle que l'acceptabilité sociale et les normes environnementales évoluent au fil des années.
C'est une victoire majeure pour les riverains face aux nuisances de long terme, et une nouvelle donne administrative que les opérateurs devront désormais intégrer dans leurs plannings.
Questions fréquentes
La Cour a jugé qu'une réglementation ne peut pas exclure dans tous les cas la participation du public lors d'une prolongation significative (par exemple de 10 ans) d'un permis d'environnement ; le juge national apprécie, au cas par cas, si cette phase s'impose.
La CJUE estime que sur une longue période, les technologies, les connaissances scientifiques et l'état de l'environnement évoluent, justifiant une nouvelle évaluation publique du projet.
Oui, bien que l'affaire concerne un parc éolien en Région wallonne, l'interprétation de la Convention d'Aarhus par la Cour de justice de l'Union européenne s'impose à l'ensemble des régimes juridiques en Belgique pour les activités concernées.
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