Statut étudiant-indépendant : la réforme du 1er octobre 2026
Depuis le 1er octobre 2026, le statut d'étudiant-indépendant bénéficie d'une réforme majeure en Belgique. Destinée à encourager l'entrepreneuriat chez les jeunes, la nouvelle réglementation assouplit la limite d'âge des 25 ans et simplifie les démarches administratives. Découvrez les nouvelles conditions applicables pour l'année académique 2026-2027.
- Entrée en vigueur
- 1er octobre 2026
- Limite d'âge
- Possibilité de prolongation après 25 ans (sous conditions)
- Crédits minimums
- Dérogation confirmée pour les stages et mémoires
- Démarches
- Fin de la déclaration sur l'honneur d'assiduité
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Loi du 18 décembre 2016Fixant le statut social et fiscal de l'étudiant-indépendant
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Arrêté royal modifiant l'article 5bis de l'AR du 19 décembre 1967Règlement général en exécution de l'AR n°38
Le statut d'étudiant-indépendant, instauré en 2017, a pour objectif de stimuler l'entrepreneuriat chez les jeunes en Belgique. Il leur permet de lancer leur propre activité tout en poursuivant des études supérieures. Cependant, avec l'évolution des parcours universitaires, certaines règles s'avéraient trop restrictives.
La réforme portée par la ministre des Indépendants et des PME, entrée en vigueur le 1er octobre 2026, vient assouplir ce cadre. Elle vise à réduire la charge administrative et à offrir davantage de flexibilité aux jeunes entrepreneurs. Voici ce qui change concrètement pour l'année académique 2026-2027.
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Le statut d'étudiant-indépendant : rappel des principes
Avant d'aborder les nouveautés, il est utile de rappeler les bases. Un étudiant-indépendant est une personne qui cumule des études avec une activité professionnelle à son propre compte (graphisme, commerce, développement web, professions libérales, etc.).
L'avantage principal de ce statut est de pouvoir bénéficier de cotisations sociales réduites, voire d'une exonération, pour autant que les revenus générés par l'activité restent inférieurs à un certain seuil.
Pour y avoir droit, les conditions de base restent inchangées en 2026 : - Être inscrit dans un établissement d'enseignement reconnu en Belgique ou à l'étranger. - Poursuivre un diplôme officiellement reconnu. - Être inscrit pour au minimum 27 crédits par année académique, ou suivre au moins 17 heures de cours par semaine. - Assister régulièrement aux cours et participer aux examens.
Il ne s'agit pas d'un contrat de travail étudiant classique, qui relève du salariat, mais bien d'une activité d'indépendant à part entière.
L'assouplissement de la limite d'âge de 25 ans
La modification la plus attendue de cette réforme du 1er octobre 2026 est la levée du couperet lié à l'âge.
Dans l'ancien système, le statut d'étudiant-indépendant prenait fin de manière automatique à la fin du troisième trimestre de l'année civile au cours de laquelle l'étudiant atteignait l'âge de 25 ans. À partir du quatrième trimestre, le jeune perdait cet avantage, même s'il était encore sur les bancs de l'université ou d'une haute école.
La nouvelle législation supprime cette fin automatique, permettant aux étudiants plus âgés de conserver leur régime jusqu'à l'obtention de leur diplôme. Toutefois, cette prolongation est soumise à des conditions très strictes : - Une affiliation préalable : vous devez impérativement bénéficier du statut d'étudiant-indépendant au cours du troisième trimestre de l'année civile de vos 25 ans. Il n'est donc pas possible de demander ce statut pour la première fois à 26 ou 27 ans. - Une poursuite ininterrompue : vous devez continuer vos études et respecter toutes les conditions d'octroi sans aucune interruption à partir du quatrième trimestre de l'année de vos 25 ans.
Pour illustrer ce changement : si vous atteignez vos 25 ans en février 2026 (et étiez sous ce statut au troisième trimestre), vous pourrez continuer à en profiter pour l'année académique suivante, et ce, tant que vous restez étudiant de façon ininterrompue. Vous pouvez même changer de filière d'études, à condition qu'il n'y ait pas de coupure.
La suppression de la déclaration sur l'honneur
L'un des objectifs de la réforme est de lutter contre les lourdeurs administratives qualifiées d'inutiles par la ministre de tutelle. Pour conserver son statut, l'étudiant doit prouver qu'il suit régulièrement les cours.
Auparavant, cela nécessitait de fournir chaque année, à la rentrée scolaire ou académique, une déclaration sur l'honneur. Depuis le 1er octobre 2026, cette exigence est supprimée.
Le contrôle s'effectue désormais *a posteriori*. L'INASTI ou votre caisse d'assurances sociales vérifiera votre assiduité sur la base de preuves concrètes et objectives, comme un bulletin de notes démontrant votre présence aux examens en fin d'année.
Par ailleurs, la possibilité de fournir une attestation de l'établissement confirmant un accompagnement dans le cadre d'un projet entrepreneurial - qui servait de preuve alternative d'assiduité - est également supprimée au profit de cette vérification sur pièces.
Si un contrôle aboutit à une décision défavorable et que vous risquez un redressement de vos cotisations, vous avez le droit de contester une décision de l'ONSS ou de l'INASTI avec un avocat.
Plus de flexibilité pour les stages et les mémoires
La condition d'être inscrit à 27 crédits minimum pose souvent problème en fin de cursus. Lorsqu'un étudiant n'a plus que son mémoire à rédiger ou un stage à effectuer, il n'atteint pas toujours ce seuil. La nouvelle réglementation de 2026 clarifie ces dérogations majeures.
Vous êtes désormais réputé satisfaire à la condition d'inscription principale, même si vous n'avez pas les 27 crédits requis, dans les situations suivantes : - Le stage obligatoire : si vous effectuez uniquement un stage indispensable à l'obtention de votre diplôme. - La préparation du mémoire : si vous consacrez votre année à la rédaction de votre mémoire de fin d'études.
Dans ces deux cas précis, la dérogation est limitée à une durée maximale d'une année scolaire ou académique. Vous devrez être en mesure de prouver que vous fournissez un travail effectif, par exemple via une attestation de votre promoteur de mémoire.
Le maintien du statut lors du trimestre de diplomation
Enfin, le législateur a corrigé une anomalie concernant l'obtention du diplôme. Certains étudiants diplômés en dehors de la session classique de juin ou de septembre risquaient de perdre leur statut prématurément, ce qui compliquait leur gestion financière.
Depuis le 1er octobre 2026, un étudiant peut conserver son statut d'étudiant-indépendant pendant tout le trimestre au cours duquel il obtient son diplôme, et ce, même s'il ne remplit plus les conditions d'études (crédits ou heures) pour la totalité de ce trimestre. Cette tolérance concerne tout particulièrement les étudiants qui obtiennent leur diplôme en dehors des périodes habituelles et permet une transition plus sereine vers un statut d'indépendant à titre principal.
Ce qu'il faut retenir
Fin de la limite d'âge
Vous pouvez conserver le statut après 25 ans, à condition d'en bénéficier déjà au 3e trimestre de l'année de vos 25 ans et de poursuivre vos études sans interruption.
Simplification administrative
La déclaration sur l'honneur de suivi régulier des cours en début d'année est supprimée. Le contrôle de l'assiduité s'effectue désormais a posteriori.
Dérogations de fin d'études
Les étudiants rédigeant un mémoire ou effectuant un stage obligatoire peuvent conserver le statut pendant un an sans atteindre les 27 crédits.
Maintien lors de la diplomation
Le statut reste valable durant tout le trimestre de l'obtention du diplôme, quelle que soit la charge de cours de la période.
Cette réforme du statut d'étudiant-indépendant offre une véritable bouffée d'oxygène aux jeunes entrepreneurs. En supprimant la fin automatique à 25 ans, la loi s'adapte enfin à la réalité des parcours académiques qui s'allongent (masters complémentaires, doubles cursus). L'allègement de la charge administrative, avec la fin de la déclaration sur l'honneur, démontre par ailleurs une volonté de faire confiance aux étudiants, en déplaçant le contrôle vers une vérification sur pièces, bien plus cohérente avec la réalité du terrain.
Questions fréquentes
Non. La prolongation après 25 ans est réservée aux étudiants qui bénéficiaient déjà du statut au troisième trimestre de l'année de leurs 25 ans. Vous ne pouvez pas introduire une première demande passé cet âge.
Le contrôle de la fréquentation des cours se fait désormais a posteriori. Votre caisse d'assurances sociales ou l'INASTI pourra vous demander un document objectif, tel qu'un relevé de notes prouvant votre présence aux examens.
Oui. La réforme de 2026 vous permet de conserver votre statut pendant une année académique maximum pour rédiger votre mémoire de fin d'études, même si vous n'atteignez pas le seuil habituel de 27 crédits, pour autant que vous justifiez un travail effectif.
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