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Droit pénal

Abus de biens sociaux

L'abus de biens sociaux consiste pour un dirigeant à utiliser les biens ou le crédit de sa société à des fins personnelles au détriment de celle-ci.

ABS Détournement d'actifs Malversation d'entreprise

Définition et explication

L’abus de biens sociaux (souvent abrégé ABS) est un délit économique sévèrement réprimé en Belgique. Il se produit lorsqu’un dirigeant, qu’il soit administrateur ou gérant, utilise les ressources, les fonds ou le crédit de la société pour son avantage personnel ou pour favoriser une autre entreprise dans laquelle il a un intérêt.

Prévu et puni par l’article 492bis du Code pénal, ce délit exige que l’auteur ait agi avec une intention frauduleuse et que l’acte nuise gravement aux intérêts patrimoniaux de l’entreprise ou de ses créanciers. L’infraction relève de la compétence du tribunal correctionnel.

  • Utilisation des comptes bancaires de l’entreprise pour des dépenses privées.
  • Avances sur salaire non justifiées ou non remboursées.
  • Cession de biens mobiliers ou immobiliers de la société à un prix dérisoire.

Les sanctions prévues sont lourdes. Elles peuvent aller d’une amende pénale à une peine d’emprisonnement, sans oublier les interdictions professionnelles régies par la loi belge interdisant la gestion de nouvelles sociétés.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Le statut de l’auteur : vous devez être un dirigeant de droit (nommé officiellement) ou de fait de la société concernée.
  • L’usage des biens : un détournement matériel des ressources, des liquidités ou du crédit de l’entreprise.
  • L’intérêt personnel : l’acte doit servir vos propres intérêts ou ceux d’une tierce entité dans laquelle vous êtes impliqué.
  • Le préjudice : l’opération doit causer un dommage significatif à la santé financière de la personne morale.
  • L’intention frauduleuse : la volonté consciente de vous enrichir illicitement au détriment de la société.

Un gérant finance ses rénovations privées

Monsieur Dubois est le gérant d’une SRL florissante. Il décide de faire rénover la toiture de sa maison privée. Au lieu de payer la facture avec ses propres deniers, il demande à l’entrepreneur d’adresser la facture à sa société sous un motif fictif d’ »aménagement des bureaux ». La SRL paie la somme de 15.000 euros.

À retenir

Suite à un audit interne demandé par les autres associés, la manœuvre est découverte. L’affaire est portée devant le tribunal correctionnel qui constate l’abus de biens sociaux. Monsieur Dubois est condamné à rembourser les 15.000 euros à la SRL. De plus, il écope d’une amende pénale et se voit imposer une interdiction de diriger une entreprise pendant 3 ans, conformément à l’article 492bis du Code pénal.

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Questions fréquentes

Seuls les dirigeants, qu'ils soient de droit (inscrits à la Banque-Carrefour des Entreprises) ou de fait (exerçant un contrôle réel), peuvent être poursuivis. Les simples employés commettant des faits similaires relèvent de l'abus de confiance ou du vol.

Le Code pénal prévoit des peines d'emprisonnement allant d'un mois à cinq ans, assorties d'amendes significatives. Le juge peut aussi prononcer une interdiction de gestion commerciale.

Non. Le délit est constitué dès que le dommage financier existe et que le risque de préjudice grave est avéré, même si la société reste solvable et continue ses activités normales.

Vous pouvez déposer une plainte avec constitution de partie civile entre les mains d'un juge d'instruction ou alerter directement le procureur du Roi pour initier des poursuites pénales.

Oui, à condition que ce compte courant débiteur fasse l'objet d'une convention écrite, qu'il prévoie un taux d'intérêt conforme au marché et des garanties de remboursement. Sans ces éléments, l'opération est risquée.

L'expert-comptable ou le réviseur d'entreprises a le devoir de signaler les infractions graves au parquet s'il constate des malversations lors de l'examen régulier des comptes de la société.

En principe, la prescription de l'action publique est de cinq ans à compter du jour où l'infraction a été commise. Ce délai peut être interrompu ou suspendu par divers actes d'instruction.

L'abus de confiance vise le détournement d'un bien remis à titre précaire par toute personne. L'abus de biens sociaux cible spécifiquement l'utilisation frauduleuse des ressources de l'entreprise par ses propres dirigeants.

Sources

  • Article 492bis du Code pénal, Code des sociétés et des associations (CSA).

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