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Droit des sociétés

Apport en industrie

L'apport en industrie permet à un associé de mettre son travail, ses services ou son savoir-faire à la disposition de la société en échange d'actions.

Apport de travail Apport de services Contribution en savoir-faire Sweat equity

Définition et explication

Depuis l’introduction du Code des sociétés et des associations (CSA), le droit belge offre une grande liberté aux créateurs d’entreprises. Auparavant interdit dans les anciennes SPRL, l’apport en industrie est désormais pleinement autorisé pour fonder une Société à Responsabilité Limitée (SRL) ou une Société Coopérative (SC).

Cette disposition légale vous autorise à devenir actionnaire sans investir le moindre euro en numéraire. Vous vous engagez simplement à fournir un travail, des services précis ou un savoir-faire unique. En échange, vous obtenez des actions qui vous octroient un droit de vote aux assemblées et un droit aux dividendes.

La loi impose un encadrement strict pour protéger tous les actionnaires. La prestation promise doit faire l’objet d’une évaluation chiffrée. Cette démarche requiert obligatoirement le contrôle d’un réviseur d’entreprises. Ce professionnel rédige un rapport certifiant que la valeur attribuée à votre travail est justifiée, assurant ainsi un équilibre financier dès la rédaction des statuts.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Création de start-up : Un associé apporte les fonds financiers tandis que l’autre apporte son expertise technique (développement informatique, conception de produits).
  • Manque de liquidités : Vous souhaitez intégrer un expert dans votre structure, mais vous manquez de trésorerie pour le salarier. Il est rémunéré en actions.
  • Transmission d’entreprise : Un repreneur s’engage à assurer la gestion opérationnelle et le développement commercial en échange d’une prise de participation progressive.

Exemple concret de constitution de SRL

Marc et Sophie fondent une SRL dédiée à la création de jeux vidéo. Marc possède des liquidités et injecte 30.000 euros sur le compte de la société. Sophie n’a pas d’épargne, mais elle est ingénieure informatique. Elle s’engage contractuellement à développer le moteur du jeu vidéo sur une période d’un an, un travail évalué à 30.000 euros selon les tarifs professionnels en vigueur. Elle réalise ainsi un apport en industrie.

À retenir

Pour régulariser cette situation, un réviseur d’entreprises valide la valeur du travail de Sophie à 30.000 euros. Le notaire intègre cet engagement dans les statuts de la SRL. Lors de la constitution, Marc et Sophie reçoivent chacun 50 % des parts sociales. Si Sophie décide d’abandonner le projet après six mois, le Code des sociétés et des associations exige qu’elle indemnise la SRL pour la part du travail non exécutée, soit 15.000 euros.

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Questions fréquentes

La qualification fiscale reste un point sensible. L'administration fiscale a souvent tendance à considérer la réception de ces actions comme une rémunération (avantage de toute nature), qui est soumise à l'impôt sur les personnes physiques. Vous devez consulter un avocat ou un expert-comptable pour structurer l'opération sereinement.

Non. Dans une Société Anonyme (SA), la loi exige des apports en numéraire ou en nature directement évaluables (immeuble, matériel). Le législateur exclut expressément l'apport en industrie pour les SA (article 7:6 du CSA).

Si vous tombez malade et devenez incapable de fournir le travail promis, l'exécution de votre apport est suspendue. Les statuts prévoient généralement une clause organisant la restitution des actions ou le paiement d'une somme d'argent équivalente à la partie du travail non effectuée.

L'apport en industrie est strictement personnel. Tant que le travail n'est pas intégralement terminé, les parts sont généralement frappées d'une clause d'incessibilité. Tout litige lié au transfert de ces actions relève de la compétence du tribunal de l'entreprise.

Oui. Pour constituer une SRL ou pour émettre de nouvelles actions lors d'une modification des statuts, la rédaction d'un acte authentique par un notaire est une obligation légale incontournable.

L'associé apporteur n'a aucun lien de subordination avec l'entreprise. Il exécute sa prestation de manière indépendante. À l'inverse, un salarié bénéficie d'un contrat de travail et de la protection du tribunal du travail en cas de conflit avec son employeur.

Oui, vous pouvez cumuler un mandat d'administrateur avec un apport en industrie. Toutefois, le travail apporté (par exemple, la rédaction d'un code source) doit se distinguer des missions générales de gestion inhérentes à votre mandat.

La société doit d'abord lui adresser une mise en demeure par courrier recommandé. Si le blocage persiste, la société ou les autres actionnaires peuvent saisir le tribunal de l'entreprise pour obtenir des dommages-intérêts ou forcer l'exclusion de l'associé défaillant.

Sources

  • Code des sociétés et des associations (CSA) - Articles 5:7 (pour les SRL), 6:7 (pour les SC) et 7:6 (interdiction en SA).

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