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Droit de la famille

Contestation de paternité

L'action en contestation de paternité est une procédure judiciaire visant à annuler le lien de filiation légalement établi entre un homme et un enfant.

Désaveu de paternité Annulation de filiation Contestation de présomption de paternité

Définition et explication

La contestation de paternité est une action en justice introduite devant le tribunal de la famille. Son but est de détruire le lien de filiation existant entre un enfant et l’homme considéré légalement comme son père. Cette situation survient généralement lorsque la réalité biologique contredit la vérité légale.

En droit belge, la paternité est établie soit par la présomption de paternité (l’homme marié à la mère est présumé être le père), soit par une reconnaissance volontaire. Si vous souhaitez remettre en cause ce lien, vous devez impérativement saisir le juge. Les preuves biologiques, comme le test ADN, constituent le moyen le plus direct et incontestable pour prouver l’absence de lien de sang.

Cette action est encadrée par des délais stricts définis par le Code civil. Une fois le délai expiré, la filiation devient définitive, même si la réalité biologique démontre le contraire. De plus, la possession d’état – le fait de s’être comporté publiquement et de manière continue comme le père et l’enfant – peut constituer un obstacle à la recevabilité de l’action dans certaines circonstances.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Le mari de la mère découvre qu’il n’est pas le père biologique de l’enfant né pendant le mariage.
  • La mère souhaite établir la filiation de son enfant à l’égard de son véritable père biologique, ce qui nécessite de contester au préalable la paternité de son mari.
  • L’enfant majeur souhaite annuler le lien de filiation avec l’homme qui l’a reconnu ou qui était marié à sa mère au moment de sa naissance.
  • Un homme revendique être le père biologique d’un enfant et doit d’abord contester la paternité de celui qui est légalement établi comme le père.

Découverte tardive suite à un test ADN médical

Monsieur Dubois est marié avec Madame Peeters depuis cinq ans. Un enfant naît de cette union. Huit ans plus tard, lors d’un examen médical nécessitant des analyses génétiques, Monsieur Dubois découvre avec certitude qu’il n’est pas le père biologique de l’enfant. Il décide d’entamer une procédure pour annuler le lien de filiation.

À retenir

Dans cette situation, Monsieur Dubois doit introduire une action en contestation de la présomption de paternité devant le tribunal de la famille. Le point de départ du délai pour agir est fixé au jour de la découverte du fait qu’il n’est pas le père. Le juge ordonnera probablement une expertise génétique officielle. Si le test ADN confirme l’absence de lien, le tribunal prononcera l’annulation de la filiation. Par conséquent, les obligations d’entretien et les droits successoraux de Monsieur Dubois envers cet enfant seront supprimés avec effet rétroactif.

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Questions fréquentes

La loi autorise la mère, l'enfant, l'homme légalement établi comme le père (le mari ou l'auteur de la reconnaissance) et la personne qui revendique la paternité biologique à initier cette action.

Seul le tribunal de la famille est compétent pour entendre les litiges relatifs à la filiation, y compris les actions en contestation de paternité.

Le mari ou l'auteur de la reconnaissance doit agir dans l'année de la découverte qu'il n'est pas le père. La mère a un an à partir de la naissance. L'enfant peut agir au plus tôt à partir de ses 12 ans et jusqu'à ses 22 ans, ou dans l'année de la découverte de la vérité biologique s'il est plus âgé.

La possession d'état est le fait de s'être comporté aux yeux de tous comme un parent envers un enfant (l'éduquer, subvenir à ses besoins, lui donner son nom). Elle peut empêcher une contestation si le lien légal correspond à la réalité vécue et a duré suffisamment longtemps.

Bien qu'il ne soit pas automatiquement imposé au moment de l'introduction de la requête, le juge du tribunal de la famille l'ordonne presque systématiquement, car il offre une preuve biologique absolue.

En droit belge, le refus non justifié de se soumettre à une expertise génétique ordonnée par le juge peut être considéré par le tribunal comme une présomption de vérité des allégations de la partie adverse.

Si l'action aboutit, le lien de filiation est effacé rétroactivement. Le père légal perd l'autorité parentale, n'a plus d'obligation alimentaire et le lien successoral est totalement rompu. L'enfant change généralement de nom de famille.

La représentation par un avocat n'est pas strictement obligatoire devant le tribunal de la famille pour introduire l'action, mais elle est fortement recommandée au vu de la technicité des règles de filiation et des délais très stricts.

Sources

  • Ancien Code civil belge (Livre Ier, Titre VII : De la filiation - articles 318, 330 et suivants), Code judiciaire (compétence du tribunal de la famille).

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