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Droit des successions

Dévolution légale

La dévolution légale désigne l'ensemble des règles fixées par la loi pour déterminer les héritiers et la répartition du patrimoine d'une personne décédée sans avoir rédigé de testament.

Succession ab intestat Succession légale Ordre successoral Héritage sans testament

Définition et explication

La dévolution légale s’applique lorsqu’une personne décède sans avoir laissé de testament ou de pacte successoral. Dans ce cas, c’est le législateur qui détermine qui hérite et dans quelles proportions. Le Livre 4 du Code civil encadre ces règles pour organiser la transmission du patrimoine.

Le système repose sur deux principes fondamentaux : l’ordre et le degré. Les héritiers sont classés en quatre ordres successifs. Si des héritiers existent dans le premier ordre, ils excluent automatiquement les héritiers des ordres suivants. À l’intérieur d’un même ordre, c’est la proximité de parenté (le degré) qui détermine la priorité.

  • Premier ordre : Les descendants (enfants, petits-enfants).
  • Deuxième ordre : Les ascendants privilégiés (parents) et collatéraux privilégiés (frères, sœurs et leurs descendants).
  • Troisième ordre : Les ascendants ordinaires (grands-parents, arrière-grands-parents).
  • Quatrième ordre : Les collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins).

Le conjoint survivant ou le cohabitant légal survivant bénéficie d’un statut particulier. Son droit à l’héritage dépend des autres héritiers en présence, mais il a généralement droit au minimum à l’usufruit du logement familial. En cas de litige sévère entre héritiers, le tribunal de la famille est compétent pour trancher le partage judiciaire.

Quand la dévolution légale s'applique-t-elle ?

  • Le défunt n’a rédigé aucun testament de son vivant.
  • Le testament rédigé est déclaré nul ou révoqué par le juge.
  • Le testament ne porte que sur une partie du patrimoine (la loi s’applique au reste).
  • Les héritiers désignés par le testament refusent la succession.
  • Le défunt n’a conclu aucun pacte successoral avec ses héritiers présomptifs.

Exemple de succession sans testament

Marc décède subitement sans avoir rédigé de testament. Il était marié à Sophie sous le régime de la séparation de biens. Ils ont deux enfants, Lucas et Emma. Les parents de Marc sont encore en vie, ainsi que son frère aîné.

À retenir

Puisque Marc n’a pas fait de testament, la dévolution légale détermine le partage. Ses enfants, Lucas et Emma, constituent le premier ordre des héritiers. Ils excluent donc les parents et le frère de Marc de la succession. Lucas et Emma reçoivent la nue-propriété du patrimoine de leur père, répartie à parts égales. Sophie, en tant que conjointe survivante, hérite de l’usufruit sur l’ensemble du patrimoine. Les parents et le frère de Marc ne reçoivent rien.

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Questions fréquentes

<p>Oui, le conjoint marié bénéficie d'une protection légale forte. Même en présence d'enfants, il recueille l'usufruit de toute la succession. Si le défunt n'a pas d'enfants, la part du conjoint peut s'étendre à la pleine propriété de certains biens, selon la présence de frères ou de parents du défunt.</p>

<p>Le cohabitant légal hérite automatiquement de l'usufruit du logement familial et des meubles qui le garnissent. Toutefois, contrairement au conjoint marié, ce droit n'est pas réservataire. Le défunt aurait pu le priver de cet héritage par un testament, mais sans aucun acte, ce droit s'applique d'office.</p>

<p>La représentation permet aux enfants d'un héritier prédécédé de prendre la place de ce dernier dans la succession. Par exemple, si votre fils est décédé avant vous, ses propres enfants (vos petits-enfants) recevront la part qui lui était destinée au moment de votre décès.</p>

<p>Oui, la loi ne fait aucune distinction entre les enfants issus du mariage actuel, d'une union précédente ou les enfants adoptés de manière plénière. Tous les enfants du défunt se partagent la succession à parts égales.</p>

<p>En l'absence totale d'héritiers jusqu'au quatrième ordre, la succession est considérée comme vacante ou en déshérence. Dans ce cas spécifique, c'est l'État belge qui recueille les biens du défunt.</p>

<p>Oui, vous pouvez déroger à ces règles en rédigeant un testament ou en établissant un pacte successoral avec l'aide d'un notaire. Vous devez toutefois respecter la réserve héréditaire, qui garantit une part minimale à vos enfants et à votre conjoint.</p>

<p>Si un conflit survient lors du partage des biens, tout héritier peut saisir le <strong>tribunal de la famille</strong>. Le juge ordonnera alors une liquidation judiciaire et nommera un notaire pour procéder aux opérations de partage de manière neutre.</p>

<p>Oui, accepter une succession selon la dévolution légale implique d'accepter les actifs mais aussi le passif. Si vous doutez de la solvabilité du défunt, vous avez le droit d'accepter sous bénéfice d'inventaire ou de renoncer purement et simplement à la succession.</p>

Sources

  • Nouveau Code civil belge (Livre 4 : Les successions, donations et testaments - Articles 4.1 et suivants) ; Code judiciaire (compétence du tribunal de la famille).

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