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Droit des personnes

Droit à l’image : règles, consentement et recours

Le droit à l'image vous permet de contrôler et d'interdire la captation, l'utilisation ou la diffusion de votre portrait sans votre accord exprès.

Protection de l'image Droit au portrait Respect de la vie privée

Définition et explication

Le droit à l’image vous confère le pouvoir exclusif de décider si votre portrait peut être fixé, conservé et diffusé. En droit belge, ce principe fondamental s’articule autour de l’exigence d’un consentement préalable. Il faut distinguer deux étapes : le fait que vous acceptiez d’être photographié ou filmé n’implique pas automatiquement que vous autorisiez la publication ou l’exploitation de cette image.

Le cadre légal s’appuie principalement sur l’article XI.174 du Code de droit économique (CDE) ainsi que sur la législation relative au respect de la vie privée, aujourd’hui fortement encadrée par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Toute personne ou entité qui capte et diffuse votre image traite des données à caractère personnel et doit justifier d’une base légale valable, généralement votre consentement libre et éclairé.

Vous conservez la possibilité de révoquer votre accord à tout moment. Si votre image est exploitée de manière abusive, commerciale ou diffamatoire sans votre aval, vous disposez de voies de recours pour exiger la suppression immédiate des fichiers et réclamer une juste indemnisation financière.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Lors de la publication sur les réseaux sociaux d’une photographie où vous êtes clairement identifiable.
  • Lors de l’utilisation de votre portrait pour une campagne publicitaire ou un site web professionnel.
  • Lors du partage d’une vidéo privée sans votre consentement explicite.
  • Lors de l’installation de caméras de surveillance qui filment des zones non autorisées.
  • Lorsqu’un média publie une image de vous qui ne relève pas de votre fonction publique ou de l’actualité immédiate.

Exemple concret : Photo de groupe exploitée à des fins commerciales

Lors d’une soirée privée organisée par une agence événementielle, un photographe capture votre image alors que vous discutez avec des amis. Quelques semaines plus tard, vous découvrez avec surprise que cette photo est utilisée en couverture d’une brochure publicitaire et sponsorisée sur Facebook pour promouvoir les services de l’agence. Vous n’avez signé aucun document ni donné d’accord pour cette diffusion.

À retenir

Vous pouvez adresser une mise en demeure formelle à l’agence pour exiger le retrait immédiat de la photographie de tous ses supports. En l’absence de coopération, vous avez le droit de déposer une requête devant le tribunal de l’entreprise ou de saisir la justice de paix, selon les montants en jeu. Le juge ordonnera le retrait du visuel, souvent sous peine d’une astreinte par jour de retard, et pourra vous octroyer des dommages et intérêts pour l’atteinte à votre vie privée.

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Questions fréquentes

Bien qu'un accord écrit soit fortement recommandé pour des raisons de preuve, le consentement peut parfois être tacite si les circonstances démontrent sans ambiguïté que vous étiez d'accord (par exemple, en posant volontairement). Cependant, un consentement écrit et précis reste la règle d'or pour toute publication.

Les exceptions concernent principalement les personnes publiques dans l'exercice de leurs fonctions, les images de foules où vous n'êtes pas le sujet principal (plan large), et les nécessités liées à l'information d'actualité. Dans ces cas, l'intérêt public prime sur votre droit individuel.

Oui, le simple fait de vous trouver dans un lieu public ne supprime pas votre droit à l'image. Si vous êtes isolé, cadré spécifiquement ou le sujet central de la photographie, le photographe doit obtenir votre autorisation avant toute diffusion.

Vous devez d'abord contacter la personne qui a publié l'image pour lui demander de la retirer. Si elle refuse, vous pouvez utiliser les formulaires de signalement du réseau social fondés sur la violation de la vie privée. En dernier recours, une action en justice est envisageable.

Non, pas sans leur accord explicite. L'employeur doit faire signer un document spécifique détaillant la finalité (site web, badge, brochure), la durée et les supports concernés. L'employé a le droit de refuser sans subir de sanctions.

Pour les mineurs, le consentement des parents ou des représentants légaux est obligatoire. Les écoles et les clubs sportifs demandent généralement une autorisation écrite en début d'année pour photographier les enfants lors de leurs activités.

Les contrevenants s'exposent à des sanctions civiles : obligation de retirer l'image (parfois assortie d'une astreinte) et paiement de dommages et intérêts. Dans certains cas de voyeurisme ou de vengeance pornographique, des sanctions pénales s'appliquent.

Cette situation relève de l'usurpation d'identité. Vous devez signaler immédiatement le faux profil à la plateforme, réunir des preuves (captures d'écran) et déposer plainte auprès de la police locale ou de la Federal Computer Crime Unit.

Sources

  • Article XI.174 du Code de droit économique (CDE), Règlement (UE) 2016/679 (Règlement Général sur la Protection des Données - RGPD), Code civil (anciens articles 1382 et 1383 relatifs à la responsabilité civile).

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