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Droit du bail

Expulsion locative

L'expulsion locative est la procédure judiciaire stricte permettant de forcer un locataire à quitter un logement, exclusivement après l'autorisation du juge de paix.

Éviction Déguerpissement Expulsion d'un locataire Renvoi du logement

Définition et explication

L’expulsion locative est l’acte juridique par lequel un bailleur contraint un locataire à libérer le bien loué. Vous ne pouvez en aucun cas expulser un locataire par vos propres moyens (changement de serrures, coupure des compteurs). Cela constituerait une infraction pénale qualifiée de violation de domicile.

Pour procéder légalement, vous devez obtenir un jugement d’expulsion devant la justice de paix compétente pour le lieu où se situe l’immeuble. Cette décision intervient généralement en cas de manquements graves du locataire, comme le non-paiement répété du loyer (souvent à partir de deux ou trois mois d’arriérés) ou des dégradations importantes de la propriété.

Une fois le jugement obtenu, un huissier de justice est chargé de son exécution. La loi prévoit un délai de grâce d’un mois après la signification du jugement pour permettre au locataire de se reloger, sauf si le juge estime qu’un délai plus court ou plus long est justifié au vu de la situation.

Quand l'expulsion locative s'applique-t-elle ?

  • Arriérés de loyers : Lorsque vous cumulez plusieurs mois de loyers impayés.
  • Dégradations du bien : En cas de destruction ou de manque d’entretien grave des lieux loués.
  • Occupation sans titre ni droit : Si vous restez dans les lieux après la fin légale du bail ou sans aucun contrat valable.
  • Changement d’affectation : Si vous utilisez le logement à des fins commerciales sans l’accord préalable du bailleur.
  • Non-respect du règlement : En cas de troubles de voisinage excessifs ou de violation répétée des règles de l’immeuble.

Exemple d'une procédure d'expulsion pour loyers impayés

Marc loue un appartement à Sophie. Depuis trois mois, Sophie ne paie plus son loyer et ne répond pas aux courriers de mise en demeure. Marc souhaite récupérer son bien et les loyers impayés au plus vite. Il décide de changer les serrures de l’appartement pendant l’absence de Sophie pour l’empêcher de rentrer.

À retenir

L’action de Marc est totalement illégale. Pour expulser Sophie, Marc doit la convoquer devant la justice de paix. Si le juge prononce la résolution du bail aux torts de Sophie, il ordonnera son expulsion. Marc devra ensuite mandater un huissier de justice, qui signifiera le jugement à Sophie. Cette dernière disposera du délai légal (généralement un mois) pour quitter les lieux. Si elle refuse, l’huissier de justice procédera à l’expulsion forcée avec l’assistance de la police.

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Questions fréquentes

Oui, il n'existe pas de trêve hivernale absolue interdisant l'expulsion en Belgique, sauf dispositions très spécifiques de certaines régions. Le juge de paix peut toutefois accorder des délais de grâce prolongés pour des raisons humanitaires.

La procédure judiciaire dure généralement entre deux et quatre mois. Ce délai inclut la saisine de la justice de paix, les plaidoiries, la rédaction du jugement, sa signification par l'huissier de justice et le délai de grâce d'un mois avant l'exécution matérielle.

Non. Toutefois, les biens trouvés sur place lors de l'expulsion forcée sont placés sur la voie publique ou dans un garde-meuble communal aux frais du locataire. Vous pouvez par contre demander une saisie exécutoire sur ces biens pour récupérer les loyers impayés.

Les frais incluent la requête ou la citation, les droits de mise au rôle, les frais d'avocat et l'intervention de l'huissier de justice pour l'exécution matérielle. Le juge condamne généralement le locataire expulsé à rembourser la majorité de ces frais.

Oui, la loi impose que le CPAS de la commune soit automatiquement averti par le greffe ou par l'huissier de justice de toute demande d'expulsion, sauf si le locataire s'y oppose expressément, afin de proposer une aide sociale.

Même si le locataire semble parti, vous devez rester prudent. Il est recommandé de demander au juge de paix de constater la résolution du bail et l'abandon des lieux. Vous risquez autrement une accusation de violation de domicile si le locataire affirme ne pas avoir rendu les clés officiellement.

Non, elle n'est pas obligatoire mais reste vivement recommandée. La justice de paix propose une procédure de conciliation gratuite et rapide qui permet souvent d'éviter un procès long et coûteux.

Oui. Pour les squatteurs (occupants sans droit ni titre initial), il existe une procédure accélérée devant le juge de paix. Les délais d'exécution et de grâce sont considérablement raccourcis par rapport à une procédure locative classique.

Sources

  • <p>Code judiciaire : articles 1344bis à 1344septies (relatifs à la procédure d'expulsion devant le juge de paix et à la communication au CPAS). Législations régionales sur le bail d'habitation (Code wallon de l'habitation durable, Code bruxellois du logement, Décret flamand sur la location).</p>

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