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Droit des successions

Indignité successorale : règles et procédure

L'indignité successorale est une sanction légale qui prive un héritier de ses droits dans la succession suite à des actes particulièrement graves commis envers le défunt.

Exclusion de l'héritage Déchéance successorale

Définition et explication

L’indignité successorale est un mécanisme strict encadré par le droit civil. Son but est de sanctionner un héritier qui a eu un comportement inacceptable envers la personne décédée. Cette sanction entraîne la perte totale de son droit à hériter, que ce soit pour la part réservataire ou la part disponible.

Selon le Livre 4 du Code civil, cette déchéance peut être automatique dans les cas extrêmes, ou prononcée par un juge selon la gravité des actes. Si vous êtes confronté à une situation de violence ou de délaissement extrême au sein d’une famille, cette règle permet de protéger le patrimoine de la personne décédée. L’héritier fautif est traité par la loi comme s’il n’avait jamais existé au moment du partage. Il perd sa part légale et tous les legs qu’il aurait pu recevoir par testament.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Indignité automatique : Lorsque l’héritier est condamné au pénal en tant qu’auteur, coauteur ou complice pour avoir assassiné ou tenté d’assassiner le défunt.
  • Violences mortelles : En cas de condamnation pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort du défunt, sans intention de la donner.
  • Indignité facultative : Lorsque l’héritier a commis des fautes graves ou des violences physiques, et qu’un autre héritier demande son exclusion devant le tribunal de la famille.
  • Altération de preuves : Si l’héritier a détruit, caché ou falsifié le testament du défunt dans le but de s’approprier frauduleusement les biens.

Exemple d'une succession avec un héritier indigne

Un père décède en laissant deux enfants, Marc et Sophie. Quelques années avant le décès, Marc a été condamné par le tribunal pénal pour avoir infligé des coups et blessures très graves à son père, entraînant une longue hospitalisation. Malgré ce passé, Marc exige de toucher sa part de la réserve héréditaire au moment de l’ouverture de la succession.

À retenir

Sophie saisit le tribunal de la famille pour faire déclarer son frère indigne de succéder. Les juges confirment la déchéance successorale de Marc en raison de sa condamnation pénale pour violences graves contre le défunt. Marc est totalement exclu du partage. Sa part est réattribuée à ses propres enfants par le mécanisme de la substitution. Si Marc n’avait pas d’enfants, l’intégralité de la succession reviendrait à Sophie.

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Questions fréquentes

Elle est automatique pour les crimes les plus graves, comme l'assassinat ou la tentative d'assassinat du défunt. Pour d'autres fautes (dissimulation de testament, violences n'ayant pas entraîné la mort), l'indignité doit être expressément demandée par un autre héritier devant le tribunal de la famille.

Oui. Si le défunt a connaissance des faits et pardonne l'héritier de manière expresse par un acte authentique ou un testament établi après les faits, l'héritier retrouve ses droits dans la succession.

Non. L'indignité est une sanction strictement personnelle. Les descendants de l'indigne ne sont pas punis pour les fautes de leur parent. Ils peuvent recevoir la part de l'indigne par le mécanisme légal de la substitution.

C'est le tribunal de la famille qui est compétent pour prononcer une indignité facultative ou pour constater l'indignité automatique. L'action doit être introduite par les autres personnes appelées à la succession.

L'indigne perd non seulement sa part d'héritage légal, mais il est également privé des avantages liés aux donations et aux legs que le défunt lui avait accordés de son vivant ou par testament.

Oui. Si l'indigne a déjà pris possession de biens ou d'argent de la succession avant d'être déclaré indigne, il est tenu de restituer l'intégralité des biens ainsi que tous les revenus générés depuis l'ouverture de la succession.

Pour l'indignité automatique, une décision pénale définitive est requise. Pour les cas d'indignité facultative liés à la fraude (comme la dissimulation d'un testament), la preuve civile devant le tribunal de la famille est suffisante.

Toute personne ayant un intérêt direct dans la succession peut introduire la demande. Il s'agit généralement des autres héritiers légaux dont la part serait augmentée par l'exclusion de l'héritier indigne.

Sources

  • Livre 4 du Code civil (Articles 4.6 à 4.9 relatifs aux successions, donations et testaments).

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