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Droit des successions

Légataire universel

Le légataire universel est la personne désignée par testament pour recevoir la totalité du patrimoine d'un défunt.

Héritier universel Bénéficiaire testamentaire

Définition et explication

Le légataire universel est la personne désignée par le défunt dans son testament pour recevoir l’intégralité de son patrimoine à son décès. Contrairement à un legs particulier (qui concerne un bien précis), le legs universel porte sur l’universalité des biens mobiliers et immobiliers laissés par la personne décédée.

Selon le Code civil belge (Livre 4), la désignation d’un légataire universel vous offre des droits étendus, mais vous expose également au passif de la succession. En effet, accepter un tel legs implique de prendre en charge les dettes du défunt.

  • La réserve héréditaire : Le légataire universel ne peut pas priver les héritiers réservataires (comme les enfants du défunt) de la part que la loi leur garantit. Il ne recevra alors que la quotité disponible.
  • La délivrance du legs : En présence d’héritiers réservataires, vous devez demander formellement la « délivrance de legs » pour entrer en possession légale des biens.
  • Le passif successoral : Vous êtes responsable des dettes. Une acceptation sous bénéfice d’inventaire est souvent recommandée pour protéger vos biens propres.

Quand la désignation d'un légataire universel s'applique-t-elle ?

  • Lorsque vous rédigez un testament (olographe ou authentique) pour léguer tout votre patrimoine à une personne de votre choix.
  • Quand le défunt n’a pas d’héritiers légaux directs et souhaite transmettre ses biens à un ami proche ou à une association.
  • Si vous souhaitez avantager au maximum une personne spécifique, dans la limite stricte de la quotité disponible si vous avez des enfants.

Exemple de legs universel lors d'une succession

Jeanne n’a pas d’enfant. Elle rédige un testament olographe dans lequel elle désigne son neveu, Marc, comme légataire universel. À son décès, elle laisse un patrimoine composé d’une maison et de comptes d’épargne, mais également des dettes relatives à des frais médicaux et un prêt personnel impayé.

À retenir

Marc a vocation à recevoir l’entièreté du patrimoine de Jeanne. Cependant, en tant que légataire universel, il est tenu de régler l’ensemble des dettes du défunt. Il dispose d’un choix légal : accepter purement et simplement (et assumer les dettes sur son propre argent si le passif dépasse l’actif), accepter sous bénéfice d’inventaire pour ne payer les dettes qu’à concurrence de l’héritage, ou renoncer à la succession par acte notarié ou devant le tribunal de la famille.

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Questions fréquentes

L'héritier légal reçoit sa part selon les règles de la dévolution légale prévues par le Code civil. Le légataire universel est quant à lui désigné volontairement par le défunt via un testament rédigé de son vivant.

Non. Les enfants possèdent la qualité d'héritiers réservataires. Le légataire universel ne pourra recevoir que la partie du patrimoine qui dépasse cette réserve, appelée la quotité disponible.

Oui. Si vous acceptez le legs de manière pure et simple, vous êtes personnellement tenu du passif successoral. Si les dettes sont supérieures à la valeur des biens, vous devrez combler la différence.

L'intervention d'un notaire est requise pour ouvrir le testament, rédiger la déclaration de succession et, s'il y a des biens immobiliers, établir le certificat d'hérédité pour le transfert de propriété.

Oui. Un testateur peut tout à fait nommer plusieurs légataires universels. Au décès, ces personnes se partageront l'ensemble du patrimoine à parts égales, sauf indication contraire dans le testament.

Si le défunt laisse des héritiers réservataires, le légataire universel ne prend pas automatiquement possession des biens. Il doit adresser une demande officielle de délivrance du legs à ces héritiers pour valider son droit.

Oui. Les héritiers lésés peuvent introduire une action devant le tribunal de la famille s'ils prouvent un vice de consentement (comme des manœuvres frauduleuses), l'insanité d'esprit du testateur ou une irrégularité formelle.

Le taux d'imposition ne dépend pas du statut testamentaire, mais de votre lien de parenté avec le défunt et de la Région compétente (Wallonie, Bruxelles ou Flandre). Sans lien familial direct, les droits applicables sont ceux fixés entre tiers.

Sources

  • Code civil (Livre 4 : Successions, donations et testaments, article 4.192 et suivants).

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