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Procédure civile ou pénale

Recours en annulation

Demande adressée au Conseil d'État pour faire annuler une décision d'une autorité administrative que vous estimez contraire à la loi.

Requête en annulation Recours devant le Conseil d'État Recours en annulation au Conseil d'État

Définition et explication

Le recours en annulation est la demande que vous adressez à la section du contentieux administratif du Conseil d’État. Vous lui demandez d’annuler un acte ou un règlement pris par une autorité administrative. Le Conseil d’État statue par arrêt.

Selon les lois coordonnées sur le Conseil d’État, les motifs sont limités : violation des formes substantielles ou prescrites à peine de nullité, excès de pouvoir et détournement de pouvoir. Le Conseil d’État contrôle donc la légalité de la décision. Il ne la réexamine pas sur le fond comme le ferait un recours qui rejugerait toute l’affaire.

Le délai est de soixante jours. Il court à partir de la notification de la décision individuelle, de sa publication ou du jour où vous en avez eu connaissance. Pour un acte réglementaire, la publication se fait au Moniteur belge. Ce délai est strict, car le recours tardif est irrecevable. Si la notification d’une décision individuelle n’indique pas ce recours, ses formes et son délai, le délai ne prend cours que quatre mois après la notification.

Qui peut agir ? Toute personne physique ou morale qui justifie d’un intérêt direct, personnel, actuel et légitime à l’annulation. Un simple intérêt général ne suffit pas, car l’action populaire est irrecevable.

La requête expose les faits et les moyens, c’est-à-dire les règles de droit que la décision aurait violées. Elle désigne l’autorité qui a pris la décision. Vous y joignez une copie de la décision attaquée.

Vous la déposez par voie électronique, via l’application eProadmin, ou par pli recommandé au greffe, rue de la Science 33, 1040 Bruxelles.

Le recours ne suspend pas la décision. Elle reste exécutoire. Pour en bloquer les effets, vous demandez la suspension, ou des mesures provisoires. Cette demande peut figurer dans la requête en annulation, faire l’objet d’une requête séparée ou être introduite en extrême urgence en cas de péril imminent. Si la suspension est rejetée, vous disposez de 30 jours pour demander la poursuite du recours. À défaut, vous êtes présumé vous être désisté de votre recours.

Selon la synthèse du site du Conseil d’État, le droit de rôle est de 200 euros par partie requérante. S’y ajoute une contribution au fonds budgétaire relatif à l’aide juridique de deuxième ligne, indexée à 26 euros. Le greffe envoie après l’enrôlement une invitation à payer, à régler dans les 30 jours.

Le Conseil d’État n’est pas toujours le juge compétent. Pour certaines sanctions ou décisions d’organismes publics, un autre recours peut exister. La notification doit indiquer le recours ouvert. Pour une sanction, voyez aussi la différence entre sanction administrative et sanction pénale.

Quand le recours en annulation s'applique-t-il ?

Il s’applique lorsqu’une autorité administrative a pris une décision ou un règlement que vous jugez illégal, et que la notification mentionne le Conseil d’État comme juge.

Vous devez avoir un intérêt direct, personnel, actuel et légitime. Le délai de soixante jours commence à la notification, à la publication ou à la connaissance de la décision. Agissez vite et faites vérifier la voie de recours par un avocat.

Exemple : un refus de permis notifié à Ioana P.

Ioana P. habite à Namur. Une autorité administrative lui refuse un permis. La lettre de notification mentionne un recours en annulation devant le Conseil d’État.

Elle note la date de réception de la lettre, car le délai de soixante jours court à partir de la notification. Elle consulte un avocat. Celui-ci vérifie que le Conseil d’État est bien le juge compétent et que la lettre ne prévoit pas un autre recours préalable.

La requête expose les faits et les règles de droit que le refus aurait violées. Elle désigne l’autorité qui a pris la décision et joint une copie du refus. Elle est déposée via eProadmin. Le refus restant exécutoire, l’avocat examine aussi s’il faut demander la suspension. Après l’enrôlement, Ioana P. reçoit une invitation à payer le droit de rôle dans les 30 jours.

À retenir

Ioana P. reçoit un refus de permis qui mentionne un recours devant le Conseil d’État. Elle note la date de notification. Elle compte soixante jours. Elle fait vérifier la voie de recours par un avocat. La requête en annulation est déposée dans le délai, avec une copie de la décision. Elle examine avec lui une demande de suspension, car le recours ne suspend pas la décision.

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Questions fréquentes

C'est une demande pour faire annuler une décision ou un règlement d'une autorité administrative. La section du contentieux administratif du Conseil d'État statue par arrêt. Elle contrôle la légalité de l'acte : violation des formes substantielles ou prescrites à peine de nullité, excès de pouvoir ou détournement de pouvoir.

Le délai est de soixante jours. Il court à partir de la notification de la décision individuelle, de sa publication (au Moniteur belge pour un acte réglementaire) ou du jour où vous en avez eu connaissance. Un recours tardif est irrecevable. Pour un point de départ discutable, un avocat l'évaluera sur votre dossier.

Toute personne physique ou morale qui justifie d'un intérêt direct, personnel, actuel et légitime à l'annulation. Un simple intérêt général ne suffit pas, car l'action populaire est irrecevable.

Non. Il n'a pas d'effet suspensif automatique et la décision reste exécutoire. Vous pouvez demander la suspension ou des mesures provisoires, dans la requête en annulation, par requête séparée ou en extrême urgence en cas de péril imminent.

Vous disposez de 30 jours pour demander la poursuite du recours en annulation. À défaut, vous êtes présumé vous être désisté de votre recours.

Vous la déposez par voie électronique via l'application eProadmin, ou par pli recommandé au greffe du Conseil d'État, rue de la Science 33, 1040 Bruxelles. Elle expose les faits et les moyens, désigne l'autorité qui a pris la décision et joint une copie de la décision attaquée.

Selon la synthèse du site du Conseil d'État, le droit de rôle est de 200 euros par partie requérante. S'y ajoute une contribution au fonds budgétaire relatif à l'aide juridique de deuxième ligne, indexée à 26 euros. Le paiement se fait dans les 30 jours de l'invitation du greffe. Les honoraires d'avocat s'y ajoutent et varient selon le dossier.

Non. Pour certaines décisions, par exemple d'organismes de sécurité sociale ou de sanctions administratives communales, un autre juge ou un recours préalable peut exister. La notification doit indiquer le recours ouvert. En cas de doute, demandez conseil à un avocat avant la fin du délai.

Sources

  • Lois coordonnées sur le Conseil d'État, compétence de la section du contentieux administratif : https://www.raadvst-consetat.be/?page=about_law&lang=fr
  • Procédure en annulation, délai, intérêt, requête et frais : https://www.raadvst-consetat.be/?page=proc_adm_annul_page1&lang=fr
  • Suspension et mesures provisoires : https://www.raadvst-consetat.be/?page=proc_adm_susp_page1&lang=fr
  • Suspension, suite de la procédure : https://www.raadvst-consetat.be/?page=proc_adm_susp_page7&lang=fr
  • Suspension en extrême urgence : https://www.raadvst-consetat.be/?lang=fr&page=proc_adm_susp_page5
  • Site du Conseil d'État : https://www.raadvst-consetat.be

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