Annualisation du temps de travail : horaires en accordéon
Le 18 juillet, le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi introduisant l'annualisation du temps de travail en Belgique. Souvent appelée horaires en accordéon, cette mesure permet de lisser la durée hebdomadaire de travail sur une année entière, offrant plus de flexibilité pour absorber les pics d'activité sans sursalaire.
- Adoption
- Avant-projet de loi approuvé le 18 juillet
- Principe
- Lissage du temps de travail sur 12 mois (horaires en accordéon)
- Condition
- Accord individuel écrit (aucune CCT ni règlement de travail requis)
- Avantage salarial
- Salaire mensuel stable garanti toute l'année
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Avant-projet de loi du 18 juilletMesures relatives à la durée du travail et au travail à temps partiel
Le principe des horaires en accordéon
Le 18 juillet, le Conseil des ministres a validé un avant-projet de loi qui modernise l'organisation du temps de travail en Belgique. Cette réforme, portée par le ministre de l'Emploi, introduit une nouvelle dérogation structurelle aux limites normales de la durée du travail, couramment qualifiée d'« annualisation » ou de mise en place d'« horaires en accordéon ».
Concrètement, la durée hebdomadaire normale de travail d'un salarié ne se calcule plus de manière stricte semaine par semaine, mais en moyenne sur une période de référence d'un an (12 mois).
- Lors des pics d'activité, le travailleur peut accomplir des horaires plus longs, le projet prévoyant la possibilité de prester jusqu'à 12 heures par jour et 50 heures par semaine.
- Ces dépassements sont compensés par des périodes de repos durant les mois où la charge de travail diminue.
L'objectif de cette mesure est de proposer une flexibilité réciproque. Les entreprises peuvent adapter leurs effectifs à la demande sans recourir de manière répétitive à des systèmes administratifs lourds. Les salariés, quant à eux, peuvent organiser leur temps libre en concertation avec leur employeur, conformément aux règles du Droit du travail.
La garantie d'un salaire mensuel stable
L'un des avantages majeurs de cette annualisation repose sur la stabilité de la rémunération. Le système prévoit un lissage du revenu sur toute l'année. Ainsi, le travailleur reçoit la même rémunération fixe à la fin de chaque mois, indépendamment des variations réelles de ses horaires d'une semaine à l'autre.
Du côté de l'entreprise, ce lissage permet d'échapper au paiement immédiat d'un sursalaire à chaque pic d'activité. La gestion des Heures supplémentaires s'en trouve allégée et lissée sur douze mois.
Un dispositif basé sur le consentement individuel
La mise en pratique de ces horaires en accordéon ne peut jamais être imposée unilatéralement par la direction.
Cette dérogation structurelle ne peut être activée qu'au moyen d'un accord individuel écrit et explicite entre l'employeur et le travailleur. Contrairement aux régimes de flexibilité existants, l'un des principes majeurs de cette réforme est qu'elle ne nécessite aucune Convention collective de travail (CCT) sectorielle ou d'entreprise, ni d'adaptation du règlement de travail. Le consentement écrit du collaborateur suffit pour déployer ce mécanisme.
En parallèle de cette innovation, l'avant-projet de loi adapte également le système existant de la « petite flexibilité » pour simplifier les procédures administratives.
Des heures supplémentaires non volontaires dans le travail continu
L'avant-projet de loi traite aussi d'une réalité spécifique au marché de l'emploi : les travaux continus. Le texte introduit un motif inédit autorisant la prestation d'heures supplémentaires non volontaires.
Cette dérogation ponctuelle aux limites classiques du temps de travail cible les interventions sur des installations au sein des entreprises à travail continu. Elle permet de maintenir l'outil de production fonctionnel et de répondre aux urgences techniques.
Une réforme en cours d'adoption
Ce cadre juridique n'est pas encore en vigueur. Validé en première lecture par le gouvernement fédéral le 18 juillet, l'avant-projet a été transmis pour obtenir les avis officiels du Conseil d'État et du Conseil national du Travail avant d'achever sa route législative.
Les entreprises et les services de ressources humaines doivent patienter avant d'appliquer ces nouveaux horaires, mais peuvent déjà analyser leurs besoins de flexibilité saisonnière. Pour anticiper les futurs contrats de travail ou la modification de votre règlement interne, vous pouvez Créer un dossier (gratuit) afin d'être mis en relation avec un avocat en Belgique.
Ce qu'il faut retenir
Lissage sur 12 mois
La durée du travail hebdomadaire normale se calcule en moyenne sur une année complète.
Consentement obligatoire
La mise en place de l'annualisation nécessite un simple accord individuel écrit, sans CCT ni modification du règlement de travail.
Revenu garanti
Le salaire versé chaque mois reste strictement identique, malgré la variation des horaires prestés.
Nouveau motif
Création d'une dérogation ponctuelle pour des heures supplémentaires non volontaires en travail continu.
Ce projet de loi modernise le droit du travail en offrant une flexibilité recherchée par les entreprises soumises à de fortes variations d'activité, tout en supprimant la lourdeur administrative liée aux conventions collectives. Le maintien d'une rémunération mensuelle stable sécurise les finances du travailleur. La publication définitive de la loi reste indispensable pour que les employeurs puissent sereinement adapter leurs contrats.
Questions fréquentes
C'est un aménagement du temps de travail qui permet de prester plus d'heures lors des pics d'activité et moins lors des périodes creuses, avec une moyenne lissée sur une année de référence.
Non, l'annualisation garantit le versement d'un salaire mensuel fixe tout au long de l'année, quelles que soient les heures réellement travaillées sur le mois.
Non, cette nouvelle dérogation aux limites normales de la durée du travail requiert impérativement un accord individuel écrit entre l'employeur et le travailleur, sans nécessité de CCT.
L'avant-projet de loi a été approuvé le 18 juillet, mais il doit encore obtenir l'avis du Conseil d'État et franchir les étapes parlementaires avant son entrée en vigueur officielle.
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