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Droits réels (Immobilier, Servitudes)

Hypothèque : règles, inscription et mainlevée

L'hypothèque est un droit réel accessoire qui affecte un bien immobilier à la garantie du paiement d'une dette.

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Définition et explication

L’hypothèque est une sûreté réelle par laquelle vous affectez un bien immobilier en garantie du remboursement d’une dette, le plus souvent un crédit bancaire. Si vous ne respectez pas vos obligations de paiement, le créancier dispose du droit de faire saisir et vendre ce bien pour récupérer les sommes prêtées.

En droit belge, la constitution d’une hypothèque conventionnelle exige obligatoirement la rédaction d’un acte authentique devant notaire. Cette garantie doit ensuite être inscrite au bureau Sécurité juridique (anciennement bureau des hypothèques) compétent pour la région où se situe votre immeuble. Cette inscription reste juridiquement valable pendant une durée de trente ans, sauf si une mainlevée est demandée avant l’échéance.

L’hypothèque offre au créancier deux prérogatives majeures. La première est le droit de suite, qui permet au créancier de saisir le bien même si vous l’avez vendu à un tiers. La seconde est le droit de préférence, qui assure au créancier d’être payé avant vos autres créanciers sur le prix de vente de l’immeuble.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Crédit immobilier : Pour sécuriser le prêt accordé par votre banque lors de l’achat, la construction ou la rénovation de votre habitation.
  • Crédit professionnel : Lorsqu’un indépendant ou une société met un immeuble en garantie pour obtenir un financement auprès d’une institution financière.
  • Refinancement : Lors du rachat de votre crédit par une autre banque, nécessitant la radiation de l’ancienne hypothèque et une nouvelle inscription.
  • Dettes fiscales et sociales : L’État belge peut prendre une hypothèque légale sur vos biens immobiliers pour garantir le paiement de vos impôts ou cotisations sociales impayés.

Exemple de garantie hypothécaire et défaut de paiement

Vous empruntez 300 000 euros pour acquérir une maison. En échange, votre banque exige une inscription hypothécaire de premier rang sur le bien. Cinq ans plus tard, à la suite d’une perte d’emploi, vous cessez de payer vos mensualités. Malgré les rappels de la banque et l’intervention d’un huissier de justice, vous ne parvenez pas à rétablir la situation financière.

À retenir

Face à ce défaut de paiement, la banque dénonce le crédit et rend la totalité de la dette immédiatement exigible. Fort de son inscription hypothécaire, le créancier saisit le juge des saisies pour ordonner la saisie immobilière et la vente publique de votre maison. Le notaire affectera ensuite le prix de vente au remboursement de la banque en priorité absolue, avant de payer vos autres créanciers éventuels.

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Questions fréquentes

Le mandat hypothécaire est une simple procuration par laquelle vous autorisez la banque à prendre une hypothèque plus tard, si nécessaire. Il coûte moins cher car il n'est pas inscrit immédiatement au bureau Sécurité juridique, mais il offre moins de sécurité au créancier.

La mainlevée est un acte notarié par lequel le créancier accepte de radier l'inscription hypothécaire. Elle est indispensable si vous souhaitez vendre votre bien immobilier libre de toute charge avant la fin de la période de trente ans.

Non. Même si votre dette est intégralement remboursée, l'inscription hypothécaire subsiste dans les registres pendant trente ans. Pour l'effacer avant ce délai, vous devez demander une mainlevée et payer les frais de radiation.

Un même bien peut garantir plusieurs dettes. L'ordre de priorité des créanciers dépend de la date d'inscription de leur garantie. Le premier créancier inscrit a une hypothèque de premier rang, le suivant de deuxième rang, et ainsi de suite.

Le coût dépend du montant emprunté. Il comprend les honoraires du notaire, les droits d'enregistrement (1% du montant garanti), les frais d'inscription hypothécaire (0,30%) et les frais administratifs divers.

Si le produit de la vente immobilière est insuffisant pour rembourser la banque, vous restez personnellement redevable du solde restant dû. Le créancier pourra alors effectuer des saisies sur vos autres biens ou sur votre salaire.

Oui, il s'agit d'un transfert d'hypothèque ou substitution de garantie. Si vous vendez votre maison pour en acheter une autre, la banque peut accepter de déplacer son hypothèque sur le nouveau bien, ce qui vous évite de payer de nouvelles taxes d'inscription.

Oui. Le receveur de l'administration fiscale ou de la TVA dispose d'un droit d'hypothèque légale. En cas de dettes d'impôts persistantes, il peut inscrire cette garantie sur vos immeubles sans passer par un notaire ni obtenir votre consentement.

Sources

  • Livre 3 du Code civil (Droits réels, articles 3.114 et suivants relatifs aux sûretés réelles immobilières) ; Code judiciaire (articles 1560 et suivants pour la saisie immobilière) ; Loi hypothécaire du 16 décembre 1851.

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