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Droit des sociétés

Pacte léonin

Le pacte léonin est une clause illégale dans les statuts d'une société qui attribue la totalité des bénéfices à un seul associé ou l'exonère de toute participation aux pertes.

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Définition et explication

En droit des sociétés, l’essence même d’une entreprise repose sur le partage des risques et des gains entre les associés. Le pacte léonin fait référence à une clause statutaire ou extrastatutaire qui brise cet équilibre fondamental. Si vous insérez une telle stipulation, elle attribue soit 100 % des bénéfices à un seul membre, soit le protège intégralement contre toute perte éventuelle.

Le Code des sociétés et des associations (CSA), par le biais de son article 2:42, encadre strictement ces situations. La loi considère cette pratique comme contraire à la nature même du contrat de société. Par conséquent, une telle clause est réputée non écrite. Cela signifie que le juge l’ignorera purement et simplement en cas de litige devant le tribunal de l’entreprise, sans pour autant annuler l’existence de la société elle-même.

Sachez que la loi autorise une répartition inégale des gains. Vous pouvez tout à fait prévoir qu’un associé perçoive 80 % des bénéfices alors qu’il n’a apporté que 20 % du capital, pour autant que cela soit justifié par d’autres éléments. Seule l’exclusion totale (100 % ou 0 %) caractérise l’interdiction léonine.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Lors de la rédaction des statuts constitutifs de votre société (SRL, SA, SC, etc.).
  • Lors de la négociation d’un pacte d’actionnaires visant à régir les relations internes et le partage des dividendes.
  • Lors de la cession de parts sociales incluant des garanties de rentabilité absolue.
  • Lors de l’entrée d’un nouvel investisseur exigeant une immunité totale face aux dettes de l’entreprise.

Exemple concret d'une clause léonine

Vous fondez une SRL avec un investisseur privé. Celui-ci apporte 50.000 euros, tandis que vous apportez votre travail et 5.000 euros. L’investisseur exige d’insérer une clause dans le pacte d’actionnaires stipulant que, si la société fait faillite, vous devrez lui rembourser personnellement la totalité de sa mise initiale. En d’autres termes, il souhaite s’affranchir de toute contribution aux pertes de la SRL, peu importe les résultats de l’entreprise.

À retenir

Si un conflit survient et que l’affaire est portée devant le tribunal de l’entreprise, le juge constatera qu’il s’agit d’un pacte léonin. En vertu de l’article 2:42 du Code des sociétés et des associations, cette garantie de remboursement absolu sera déclarée comme étant réputée non écrite. L’investisseur devra assumer le risque financier proportionnel à son apport, comme tout associé, et vous ne serez pas tenu de le rembourser sur votre patrimoine personnel.

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Questions fréquentes

Oui, le Code des sociétés et des associations permet de répartir les bénéfices de manière disproportionnée par rapport aux apports. L'interdiction ne vise que l'attribution de la totalité (100 %) des gains à une seule personne ou l'exclusion totale d'un associé.

Non. Seule la clause incriminée est réputée non écrite. Les statuts et la société elle-même restent parfaitement valables, mais la répartition des gains et des pertes se fera selon les règles légales par défaut.

Non. Que la clause soit publique dans les statuts ou confidentielle dans un pacte d'actionnaires, l'interdiction reste absolue. Un juge du tribunal de l'entreprise l'écartera de la même manière.

Oui, l'article 2:42 du Code des sociétés et des associations s'applique à l'ensemble des formes de sociétés reconnues par la loi (SRL, SA, SC, SNC, société simple, etc.).

Non, l'interdiction du pacte léonin concerne uniquement le partage des bénéfices et des pertes entre associés. Les relations entre une société et un créancier externe relèvent du droit des obligations et des contrats.

Oui. Si un associé décide de ne pas percevoir sa part de bénéfices lors d'une distribution spécifique, c'est légal. Ce qui est interdit, c'est de stipuler dans le contrat initial qu'il n'y aura jamais droit de manière structurelle.

Vous devez introduire une action devant le tribunal de l'entreprise. Le juge analysera la rédaction de la clause et les circonstances pour déclarer son inopposabilité.

La jurisprudence admet certaines conventions de portage où un actionnaire s'engage à racheter les parts d'un autre à un prix convenu d'avance pour une durée limitée, car elles visent la transmission des titres et non la structure des bénéfices.

Sources

  • Code des sociétés et des associations (CSA), Livre 2, Titre 4, spécifiquement l'article 2:42.

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