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Nouvelle loi / Réforme

Délégation d’actes infirmiers : le nouveau cadre légal en Belgique

3 min de lecture

Dès le 16 août 2026, un nouveau cadre légal régit la délégation des actes techniques infirmiers en Belgique. Au sein d'« équipes de soins structurées », les infirmiers coordinateurs peuvent désormais déléguer certaines prestations à d'autres professionnels de la santé, à condition de respecter des règles strictes de sécurité et de formation. L'objectif est de pallier la pénurie de personnel tout en maintenant une haute qualité de prise en charge pour les patients.

En bref
Arrêté royal
15 juillet 2026
Publication
6 août 2026 au Moniteur belge
Entrée en vigueur
16 août 2026
Actes concernés
Prestations techniques sans prescription médicale (actes B1)

Que sont les équipes de soins structurées ?

Les équipes de soins structurées représentent une nouvelle organisation de la prise en charge des patients en Belgique. Elles reposent sur une collaboration coordonnée entre différents professionnels des soins de santé. Le but affiché est de s'assurer que « chaque patient reçoive les soins appropriés, par le bon professionnel, au bon moment ».

Dans un contexte de pénurie de personnel infirmier, d'augmentation de la charge de travail et de besoins en soins croissants de la population, cette approche permet de mobiliser au mieux les compétences disponibles. Elle offre également aux professionnels la possibilité de se concentrer sur leur mission première au bénéfice des patients.

Quelles prestations infirmières peuvent être déléguées ?

Le dispositif légal permet à un infirmier coordinateur de déléguer certaines prestations techniques de l'art infirmier à d'autres professionnels de la santé ou à des assistants en soins infirmiers (AESI).

Cependant, tous les actes ne sont pas concernés. La délégation vise spécifiquement les prestations techniques qui ne nécessitent pas de prescription médicale (les actes B1). La décision de déléguer appartient exclusivement à l'infirmier coordinateur. Ce dernier évalue de manière autonome l'état de santé du patient avant d'autoriser la délégation.

En cas de doute ou de complication, ces nouvelles dispositions permettent d'éviter les situations propices à une erreur médicale grâce à un encadrement strict.

Quelles sont les conditions pour déléguer un acte technique ?

L'arrêté royal du 15 juillet 2026 fixe des modalités d'exécution rigoureuses pour garantir la sécurité, la continuité et la qualité des soins :

  • Une procédure standardisée : La délégation doit s'appuyer sur un plan de soins clair ou sur une procédure préétablie.
  • Une formation obligatoire : Les professionnels qui réalisent l'acte délégué doivent disposer des compétences requises et d'une expérience démontrable. Une formation préalable est formellement exigée.
  • Supervision et disponibilité : L'infirmier coordinateur conserve la charge de la supervision. Il doit impérativement rester joignable. S'il doit s'absenter, un relais temporaire peut être assuré par un médecin.
L'infirmier coordinateur garde le contrôle total du processus. Il peut décider à tout moment de mettre fin à la délégation d'un acte si l'état du patient ou le contexte l'exige.

Un cadre légal salué par le secteur

Cette réforme était très attendue par les acteurs du droit médical et les fédérations hospitalières. GIBBIS, la fédération bruxelloise des institutions de soins, a d'ailleurs salué ce nouveau dispositif comme une « réponse concrète et pragmatique ».

Selon la fédération, la délégation sécurisée clarifie la responsabilité civile de chaque intervenant. Elle offre un levier efficace pour valoriser les compétences de l'ensemble des soignants et rendre les métiers de la santé plus attractifs sur le long terme.

16 août 2026Date d'entrée en vigueur de l'arrêté royal du 15 juillet 2026.

Ce qu'il faut retenir

Actes sans prescription

Seules les prestations techniques B1 peuvent faire l'objet d'une délégation.

Rôle central

L'infirmier coordinateur évalue le patient, décide de la délégation, supervise et reste joignable.

Sécurité et formation

Les actes délégués exigent des compétences démontrables et une formation préalable.

Entrée en vigueur

Le nouveau cadre s'applique officiellement dès le 16 août 2026.

L'avis de la rédaction

Cette réforme apporte une réponse très pragmatique à la pression qui pèse sur les établissements de soins belges. En sécurisant légalement la délégation des actes au sein d'une équipe structurée, l'arrêté royal protège les infirmiers coordinateurs tout en garantissant aux patients une continuité des soins de haute qualité. Le succès de cette mesure repose néanmoins sur une grande rigueur dans le suivi des formations et l'exercice quotidien de la supervision.

La rédaction juridique JuriUp
Analyse éditoriale JuriUp

Questions fréquentes

Non, seules les prestations techniques ne nécessitant pas de prescription médicale (actes B1) peuvent être déléguées, sur la base d'une évaluation autonome.

S'il ne peut pas être joignable pour assurer la supervision, un relais temporaire peut être pris en charge par un médecin.

Oui, la délégation ne peut s'effectuer qu'auprès de professionnels de la santé ou d'assistants (AESI) disposant des compétences requises et d'une formation préalable démontrable.

Sources officielles

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Cet article est fourni à titre d'information générale et reflète l'état du droit à sa date de publication ; il ne constitue pas un conseil juridique et ne saurait engager la responsabilité de JuriUp. Chaque situation étant particulière, faites analyser la vôtre par un avocat avant toute décision.

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