Créer un dossier
Droit des personnes

Droit à l’oubli

Le droit à l'oubli est une garantie légale qui permet de faire effacer ses données personnelles ou d'accéder à certaines assurances sans pénalité après une maladie.

Droit à l'effacement Droit à l'oubli médical Suppression des données Purge des données

Définition et explication

En droit belge, le droit à l’oubli revêt deux réalités distinctes. D’une part, il s’agit d’un droit numérique visant la protection de votre vie privée. D’autre part, il s’agit d’une garantie financière et sociale pour les personnes ayant été touchées par une maladie grave.

Sur le plan médical, la loi impose aux assureurs d’ignorer certaines pathologies guéries (comme le cancer) lors de la souscription d’une assurance solde restant dû ou d’une assurance revenu garanti. Si le délai légal s’est écoulé depuis la fin de vos traitements, la compagnie d’assurances ne peut plus vous imposer de surprime médicale ni refuser de vous couvrir.

Sur le plan numérique, le Règlement européen (RGPD) vous accorde un droit à l’effacement. Vous avez le droit d’exiger qu’une entreprise, un réseau social ou un moteur de recherche supprime vos données à caractère personnel. Ce droit s’applique particulièrement lorsque vous retirez votre consentement, lorsque vous vous opposez à un profilage commercial, ou quand les données ne sont tout simplement plus nécessaires aux finalités initiales.

Quand cela s'applique-t-il ?

  • Accès à l’assurance : Vous demandez un crédit nécessitant une assurance solde restant dû après avoir guéri d’une pathologie lourde.
  • Délais médicaux atteints : Le temps écoulé depuis la fin de votre traitement thérapeutique atteint les seuils légaux de la grille de référence (généralement 5 ans).
  • Protection numérique : Vous retirez le consentement donné à un site internet pour traiter ou conserver vos informations.
  • Prospection : Vous vous opposez à la conservation de vos coordonnées à des fins de marketing direct.
  • Données obsolètes : Vos données ont été collectées il y a longtemps et ne présentent plus d’utilité pour le responsable du traitement.

Exemple de droit à l'oubli médical pour un crédit hypothécaire

Vous avez eu un cancer il y a sept ans. Les traitements sont officiellement terminés et considérés comme un succès médical total. Aujourd’hui, vous souhaitez contracter un crédit hypothécaire pour acheter une maison. La banque vous demande logiquement de souscrire une assurance solde restant dû. Vous craignez de devoir payer une surprime énorme, voire de subir un refus, en raison de vos lourds antécédents médicaux.

À retenir

En vertu de la loi belge sur le droit à l’oubli, l’assureur n’a plus le droit de tenir compte de cette pathologie car le délai légal d’attente est largement écoulé. Vous devez remplir le questionnaire médical en toute transparence, mais la compagnie d’assurances a l’interdiction de vous appliquer une surprime ou de vous exclure sur la base de ce cancer guéri. Vous obtenez ainsi votre prêt dans des conditions normales et équitables.

Besoin d'aide sur ce sujet ?

Décrivez votre situation en 2 minutes et recevez une réponse personnalisée d'un expert juridique en Belgique.

Faire analyser ma situation

Questions fréquentes

Oui, vous devez toujours répondre honnêtement au questionnaire médical. C'est l'assureur qui a l'obligation d'appliquer le droit à l'oubli et d'ignorer cette donnée pour le calcul de votre prime si le délai légal est respectés.

Le délai de base est fixé à 5 ans depuis la fin de tout traitement actif pour les pathologies cancéreuses. Pour certaines maladies chroniques, des délais spécifiques s'appliquent selon une grille de référence stricte.

Vous pouvez saisir le Bureau de suivi de la tarification, contacter l'Ombudsman des Assurances, ou contester la décision formellement devant le tribunal de l'entreprise compétent.

Oui, le RGPD impose à tous les responsables de traitement (moteurs de recherche, applications, entreprises) d'effacer vos données si vous en faites la demande de manière justifiée.

Pas systématiquement. Le droit à l'information et la liberté d'expression peuvent primer sur votre droit à l'oubli. L'éditeur ou le juge analysera l'intérêt public de l'information conservée.

Vous devez adresser une demande claire par écrit (e-mail ou lettre recommandée) au Délégué à la protection des données (DPO) de l'organisation qui détient vos informations.

Le responsable du traitement dispose d'un mois maximum pour répondre à votre demande et procéder à la suppression, sauf si la demande présente une complexité technique exceptionnelle.

Vous pouvez introduire une plainte auprès de l'Autorité de protection des données (APD) en Belgique. Elle a le pouvoir d'imposer de lourdes sanctions administratives et d'ordonner la suppression.

Sources

  • Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) - Article 17 ; Loi du 4 avril 2019 relative au droit à l'oubli dans le cadre de certaines assurances de personnes ; Loi du 30 juillet 2018 relative à la protection des données à caractère personnel.

Besoin d’un accompagnement juridique ?

Avec JuriUp, gagnez du temps et avancez plus sereinement. Nous vous aidons à constituer un dossier clair et structuré, pour que le juriste ou l’avocat qui vous accompagne puisse se concentrer sur l’essentiel : votre situation.